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April 26, 2022

En cargo par l’Afrique : individu se rappelle tristement a moi

Written By: admin

En cargo par l’Afrique : individu se rappelle tristement a moi

Je continue la lente descente aupres du sud a bord du Grande Lagos. Constamment passe est synonyme de quelques degres Sans compter que sur le thermometre et quelques degres de moins sur l’echelle des latitudes. Nous atteignons des cotes de l’Afrique, de quoi me projeter deja dans la suite de votre week-end, au Benin. Je vous emmene cette fois dans la salle des machines avec une sequence hautement didactique (si si) dans la consommation de ces geants Plusieurs mers. Journees marquees egalement par la torpeur a l’ecoute des nouvelles en provenance de Paris. Puis vint le hurlement des sirenes a bord du cargo via un paisible dimanche apres-midi aussi que nous venions de passer au large des iles Canaries.

Vendredi 13 novembre

7 – 8 h 30 : latitude 40,64° nord, longitude 10,78° ouest, vitesse 14,1 n?uds.

J’ai nuit fut agitee. Plusieurs pirates nous ont asiame site de rencontres retourne en chasse. Il a fallu en hate calfeutrer toutes les issues et pousser les machines a fond. Nah, c’est gui?re vrai, nuit calme, tel d’habitude avec a la cle de beaux reves. Inutile d’insister, je n’en dirai gui?re plus !

Drole de vie que celle de marin. Ceux avec qui j’ai pu discuter jusqu’a present n’aiment pas vraiment un metier. Ce n’est jamais le taf en lui-meme qu’ils n’aiment jamais, mais le fait qu’il les tienne eloignes de leur famille pendant si longtemps. Ils sont engages Afin de des contrats de 4 mois au minimum, le plus souvent 6 ou 7 mois concernant des matelots. Apres quoi ils rentreront quelque temps libre dans leur famille avant de repartir sur les mers, ainsi, ainsi va le quotidien. Mais voila, il va falloir bien travailler, et surtout pour nos Philippins, les opportunites i  domicile seront maigres.

Nous sommes au large du Portugal. Cet apres-midi, grand soleil. Je peux flaner concernant le pont sans bouger les epaisseurs pour me proteger du vent. Pas de doute, ca sent le sud. Encore quelques jours et il fera veritablement chaud.

Durant l’apres-midi, visite de la salle des machines avec le chef mecanicien. Sans surprise, le moteur du Grande Lagos est votre tantinet plus gros que celui d’une voiture, c’est votre veritable monstre. Je n’ai pas de photo a vous montrer, ainsi que via la passerelle, les photos sont interdites dans la salle des machines.

Nous developpons actuellement 7 000 kW (soit 9 500 ch), Afin de une vitesse de 14 n?uds. Aller plus vite n’est gui?re un probleme en soi. Avec de bonnes conditions, le Grande Lagos pourra monter jusqu’a 20 n?uds, mais la facture carburant s’alourdit aussi copieusement. Vous vous demandez surement combien consomme un cargo comme le Grande Lagos. Sans vent ni frequent notoirement defavorables, a 14 n?uds, le navire consomme 34 tonnes de fioul par jour. Dit comme ca, ca parai®t enorme, mais sortons quelque peu des calculettes. Ca represente 5 600 litres aux 100 km pour 1 poids total d’environ 60 000 tonnes (34 000 tonnes pour le poids du cargo a vide et 26 000 tonnes de chargement), soit 0,21 litre a toutes les 100 km avec tonne transportee. A beaucoup cure, on monte a 60 tonnes par jour, mais on ne monte normalement pas a enormement regime, c’est trop couteux.

Ce voyage en cargo, c’est 1,6 l de carburant contre 170 l en avion

En resume de ce petit cours tres didactique (avouez que meme Jamy n’aurait pas fera mieux), pour une voiture qui peserait une tonne, le voyage Anvers-Cotonou, c’est 16 l de fioul, autant dire pas grand chose trop ! Et pour la pomme (

Samedi 14 novembre

9 – 8 h 30 : latitude 35,10°, longitude 13,08° ouest, vitesse 15 n?uds. Cette nuit, nous avons change d’heure et recule les pendules d’une heure. Nous sommes maintenant au large de l’Afrique, a un brin plus de 600 km a l’ouest de Rabat. Notre mer est forcement aussi calme, le ciel reste bleu, une nouvelle journee belle et ensoleillee s’annonce, sauf que, en fera, non.

Alors que j’arrive au mess des officiers pour prendre mon petit-dejeuner, le second capitaine me demande si j’ai ecoute les infos aujourd’hui. A sa tete et au ton grave qu’il emploie, j’ai deja devine la suite. Je ne me sens pas pessimiste de nature, mais depuis quelque temps libre, je tiens pour une evidence que le sujet n’est plus de savoir s’il y aura 1 attentat, mais quand aura lieu le prochain. On demeure juste a esperer qu’il ne fera gui?re trop de victimes, et legerement egoistement, que les proches seront epargnes. Mais a l’ecoute des informations (jusqu’aux Canaries, nous recevons la tele par satellite), je suis choque et un peu hagard.

Je me rememore votre que je faisais hier jour. Tout est si calme. Comme chaque soir, j’avais legerement flane au calme concernant le pont a percer le mystere une nuit qui entoure le cargo et a ecouter ronronner le moteur. Et pendant ce temps-la, Paris connaissait l’horreur.

Aujourd’hui, mon monde est triste et endeuille. Si seulement on pouvait franchement couper l’ensemble des chaines d’info et ne garder que radio Bisounours. Ca ferait du bien parfois de vivre dans le monde des Bisounours.

Parmi les marins rencontres dans la salle de repos, plusieurs, se rappelant que j’suis francais, me presentent leurs condoleances. J’en suis touche et emu. Leur humanite et leurs mots a mon egard reussissent a me rendre le sourire, ainsi, ca, c’est important 1 sourire. C’est ma maniere de communiquer quand j’explore votre pays dont je ne cause pas la langue. Aujourd’hui, c’est un brin force, mais demain, il reviendra.

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